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Inducteur de transe, le tambour est par excellence
l'instrument du voyage chamanique, "l'épouse du chamane".
Contrairement à une croyance répandue, la plupart des
sociétés traditionnelles utilise les percussions
(tambours, hochets) sans leur associer la prise de
substances réputées "faire voyager". Des recherches étudiant les effets d'un battement rythmé sur les ondes cérébrales ont trouvé que l'exposition à 4,5 battements par seconde pendant un quart d'heure, comme à une fréquence comprise entre 4 et 7 hertz, tendrait à induire l'apparition des ondes thêta, les mêmes que celles qui sont produites pendant la méditation profonde ou le sommeil paradoxal. Ces ondes sont classiquement associées aux "voyages" dits en "états de conscience modifiée". Quant à la construction du tambour même, il s'agit d'un rituel créateur dont le but n'est pas seulement de fabriquer un instrument mais aussi de le rendre symboliquement "vivant", apte à accomplir sa mission. |
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L'anthropologue français Lévi-Strauss a relevé des similitudes fondamentales entre l'art du voyage chamanique et celui de la psychanalyse. Mais ce qui est intéressant dans la cure du chamane est la transfiguration du trouble ou de la maladie en oeuvre d'art comme moyen de guérison. Ainsi, chez les autochtones du Bataan, il fallait que l'esprit de la maladie ait fait un don artistique à sa victime: un nouveau rythme de tambour, une danse, un chant, un objet d'art, un message... à intégrer dans sa vie pour compléter le processus de guérison en "l'incarnant". Ce geste artistique porteur de sens et de guérison n'est pas juste un défaut de mentalisation et d'accès à des symboles abstraits. Il représente l'individu en tant qu'élément singulier de l'oeuvre d'art de la Nature, aussi bien sur un plan subtil que personnel et collectif. Atteindre l'état de conscience modifiée facilite l'accès aux arts sacrés. Le voyage chamanique est un moyen de choix pour ramener à la conscience le projet et le sens du geste créateur. |
